Claudine – Répétition #2

Me voici donc à nouveau « témoin » au TAP, membre d’un petit groupe autorisé à assister à des séances du travail de la troupe qui présentera Andromaque 2010 en mars prochain sous la direction d’Anne Théron. Mon émotion est un peu moindre que la première fois où j’ai pu pénétrer ces parties plus mystérieuses du TAP – »entrée des artistes », niveau -2, foyer…- car en décembre 2008, j’ai déjà eu le privilège d’assister à quelques étapes de la création d’Hamlet par Claire Lasne qui m’ont littéralement enchantée et permis de découvrir ces lieux moins accessibles.
Ce lundi 22 novembre 2010 à 17h, nous ne sommes que 2 ou 3 « témoins » à tirer la lourde porte du « Plateau B », la salle de répétition où la troupe travaille pour cette séquence hivernale (fin février-début mars, elle disposera de la « vraie » scène pour ses dernières préparations). Les comédiens d’Anne Théron sont en cours de répétition dans l’espace scénique vivement éclairé. Si celui-ci est relativement grand, le hors scène, lui, est réduit ; une petite rangée de chaises nous est manifestement destinée entre la longue table d’Anne et de ses assistantes située juste à la limite de la scène, et la régie surélevée de quelques marches, située tout à l’arrière de la salle. Personne ne réagit à notre arrivée et nous nous installons discrètement. Personnellement, je préfère occuper un angle discret pas très loin de l’entrée, un peu sur le côté de la salle et légèrement en retrait du chemin qu’Anne emprunte de temps à autre, d’une démarche décidée mais calme, pour aller dire un mot aux techniciens –j’apprendrai plus tard que 2 d’entre eux ont déjà travaillé avec elle et font partie de sa troupe : le « créateur son » Jean-Baptiste – »JB », pour Anne- et « Greg », le « créateur lumière » ; le 3ème est attaché au TAP.

Il fait très chaud dans la salle, ce premier soir. Un grand écran blanc est tendu sur tout le fond de scène ; y défilent de façon aléatoire (du moins me semble-t-il alors) des vers ou des parties de vers d’Andromaque en caractères plus ou moins gros ; une bande son participe de la tension qui s’exprime entre les personnages par les paroles et par les corps, faite de battements, raclements et autres sons plus ou moins lancinants ; le décor –non : il n’y a pas de décor, juste des modules parallélépipédiques blancs qui sont déplacés par les acteurs eux-mêmes… La représentation qui se prépare est clairement d’aujourd’hui ; d’ailleurs le titre en est Andromaque, 2010.

Alors : et Racine dans cette approche moderne ? Ses beaux alexandrins sont bien là (il y en a 1468 en tout dans Andromaque !) et non seulement les comédiens les disent déjà en très grande partie sans texte mais ils les ont « ingérés » : leurs belles voix expressives et leur élocution respectueuse (mais sans la moindre déclamation, ouf !) leur donnent sens. Oui, j’entends bien le superbe texte du XVIIème siècle… d’autant que chaque acteur est équipé d’un micro HF.

Et me voici impatiente de comprendre un peu du mystère de la re-création qu’Anne Théron va nous proposer de cette pièce hyper classique dont le choix me semble à la fois particulièrement hardi et intéressant. Assister à quelques heures de ce travail est un vrai bonheur : merci à toute l’équipe de nous l’offrir !

L’équipe
est sortie
pour une courte pause ;
table de travail et plateau
sont vides…

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