Danièle – Répétition #5

Andromaque et Hermione

Depuis l’âge de douze ans, je n’avais relu ce texte qu’une fois.
Je n’avais donc que des souvenirs un peu flous concernant les personnages, à part Andromaque.
Et je l’ai retrouvée.
Malgré son veuvage, sa captivité, son esclavage, malgré la menace qui pèse sur son unique enfant, elle reste une femme lucide, digne, forte.
Elle est prête à assumer son destin, quel qu’il soit.
Elle sait que sa vie et celle de son fils ne dépendent pas seulement de l’amour que lui porte ou non Pyrrhus.
Elle sait qu’elle est un enjeu politique.
Elle s’allonge sur le sol, à plat ventre, aux pieds de Pyrrhus mais ne s’humilie pas. Comme demande Anne Théron, Andromaque joue l’aplatissement mais ne s’aplatit pas.
C’est Hermione que je découvre.
Je gardais le souvenir de quelqu’un de falot, d’inconsistant…
Et là, elle est émouvante, forte, à sa manière désespérée.
Elle apparaît prisonnière de sa condition de princesse qui ne maîtrise pas son destin de femme car son père en a décidé pour elle.
Elles ne sont pas si différentes, ces deux femmes dont les hommes disposent de la vie, à leur gré à eux.

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